Quelles énergies renouvelables à développer localement ?

La combustion des ressources fossiles est la principale cause du dérèglement climatique. Ces énergies sont basées sur des stocks « non renouvelables », puisqu’une fois consommées, elles ne peuvent être régénérées qu’à l’échelle des temps géologiques.

Nous plaidons donc pour l’accélération de la transition énergétique et portons la vision que la seule solution pour fournir tout le monde en énergie, sans nuire à l’environnement, est la baisse de la consommation et le passage généralisé aux énergies renouvelables, produites par des sources naturelles de notre territoire.

Tout en recherchant les économies d'énergies, cherchons des solutions (tenant compte de leurs cycles écologiques), en alliant toutes les expériences et les compétences pour travailler sur les énergies primaires afin de développer des solutions locales.

Les citoyens attendent en effet de plus en plus que les élus portent des solutions de transition à leur échelle locale.
L’objectif ? Faire baisser les consommations et dépenses énergétiques, augmenter la part de la production d’électricité et de chaleur par des énergies renouvelables, et réduire les polluants et les émissions de gaz à effet de serre.

L’utilisation d’énergies renouvelables locales, au plus proche des consommateurs, est un atout pour les territoires. Chaque collectivité dispose d’un gisement à identifier :

  • les réseaux de chaleur ;
  • la biomasse : électricité obtenue par la  combustion de matières (bois, végétaux, déchets agricoles, ordures ménagères organiques) ou  la méthanisation pour obtenir du biogaz : fermentation des déchets ménagers, le fumier et lisier d'animaux, les boues de stations d'épuration, les papiers et cartons…;
  • les combustibles solides (bois) ;
  • l'énergie primaire (air, eau, terre) ;
  • le solaire (dont le thermique) ;
  • l'éolien (selon la région) ;
  • la géothermie.
Est dénommé territoire à énergie positive un territoire qui s’engage dans une démarche permettant d’atteindre l’équilibre entre la consommation et la production d’énergie à l’échelle locale en réduisant autant que possible les besoins énergétiques et dans le respect des équilibres des systèmes énergétiques nationaux. Un territoire à énergie positive doit favoriser l’efficacité énergétique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la diminution de la consommation des énergies fossiles et viser le déploiement d’énergies renouvelables dans son approvisionnement.
    Recensement des possibilités énergétiques de notre territoire
Projets de centrales photovoltaïques et citoyennes sur le Sud-Yvelines

Le PNR et des collectifs citoyens souhaitent installer des panneaux solaires sur le toit d'un particulier, d'une entreprise ou d'un bâtiment public appartenant à une collectivité locale, aidé en cela par les associations EnerCitY78 (Énergie citoyenne des Yvelines), Energie Partagée, impliquée dans une vingtaine de projets de ce genre en Ile-de-France, et l'Agence locale de l'énergie et du climat (Alec) de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Collectif associatif EnRev pour favoriser l’émergence d’une dynamique locale citoyenne relative aux questions énergétiques et élaborer et exploiter des projets de production notamment dans le périmètre du Parc.
Il fait appel aux particuliers, collectivités et entreprises pour créer collectivement une unité de production d’électricité solaire.
Projet en cours à Magny-les-Hameaux par l'installation d'une première centrale photovoltaïque de 66 kWc en autoconsommation collective pour alimenter tous les bâtiments techniques. Installation des panneaux sur deux toits : ceux du gymnase Delaune et du centre de loisirs Henri-Dès. L'étude pour autoconsommation collective, faite par la société Enogrid, est financée par EnREV avec une subvention à 80 % de la Région. 
Si le projet de Magny les Hameaux franchi la phase de faisabilité avec l’accord de la Mairie, il faut alors constituer une coopérative capable de construire et exploiter les installations. C’est elle qui dotée d’un capital pourra emprunter, bénéficier de subvention, facturer ses clients, rémunérer ses actionnaires et non l’ »association » EnREV. Plutôt que de faire toutes les démarches pour constituer cette structure, nous proposons de nous rapprocher d’ENERCITY78 qui dispose déjà d’une telle structure.

Des projets sur des toits bien exposés, notamment d’écoles et de lycées, peuvent être présentés aux habitants. Entre les citoyens motivés, le club d’investisseurs solidaires du territoire, les représentants des collectivités locales et ceux de la région, qui accompagne le mouvement, la coopérative peut compter plusieurs dizaine d adhérents. Le complément de financement est fourni par des fonds européens et un prêt bancaire. Plusieurs centrales peuvent être installées sur de grandes toitures publiques louées par la coopérative, ce qui permettrait d’alimenter la consommation locale.

Les candidats peuvent acheter à l'association un forfait pour participer à l’investissement, qui sera déduit de leur facture une fois qu’ils consommeront. Au-delà du développement des énergies renouvelables très localement, l’opération crée du lien entre les habitants. Le modèle de tarification, outre le tarif de base, pourrait inclure un tarif préférentiel social d’un côté et un tarif de soutien de l’autre. Comme quoi, s’engager dans la production et la vente d’électricité locale peut déboucher sur une démarche plus vaste…

Projets d'énergie citoyenne en Ile-de-France

Pour approfondir : l’association HESPUL cumule trente ans d’expérience dans le solaire photovoltaïque. Elle est spécialisée dans le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

1 - Mise en place d'une politique de BAISSE DE LA CONSOMMMATION :

- par l'ISOLATION des habitats ;
- CONSTRUCTIONS PASSIVES (qui dépensent très peu d’énergie et recyclent celle qu’elle produit) ;
- utilisation des POMPES A CHALEUR.

2 - Sources d'ÉNERGIE LOCALE
pour favoriser l’indépendance énergétique du territoire.

- le SOLEIL avec plusieurs solutions :
centrales photovoltaïques pour les grandes surfaces sur les bâtiments ; les friches, les terres agricoles (agrivoltaïsme)...
- création d’une communauté d’énergie
- panneaux sur maisons individuelles ;
- solaire thermique par la production d’eau chaude sanitaire : l'énergie solaire est convertie en chaleur, le fluide caloporteur du circuit fermé transmet sa chaleur à l’eau sanitaire via un échangeur de chaleur (l'été, un simple tuyau noir de 50 m installé sur le toit suffit pour chauffer 50 litres d'eau en une heure). Ce système est utilisé pour le chauffage et le rafraîchissement de bâtiments d’habitation et tertiaires, ainsi que la production de chaleur pour l’industrie et les réseaux de chaleur.
- la GÉOTHERMIE (chaleur provenant des entrailles de la terre), deux possibilités:
- la
 géothermie de surface (40 m) est une énergie disponible en continu presque partout ; 
- la géothermie profonde basse énergie (entre 30 et 90°C) (sup. à 200 m ), l’Île-de-France bénéficie d’un potentiel exceptionnel. La chaleur des nappes d’eau chaude du sous-sol profond (de l’ordre du kilomètre) est utilisée directement pour chauffer des habitations, en général des logements collectifs via des réseaux de chaleur. Avec une cinquantaine d’installations en fonctionnement (exemple, Vélizy qui chauffe ainsi 12 000 foyers), elle présente la plus grande densité d’opérations au monde et représente plus de 80 % de la production géothermique nationale.
- le VENT (possible du côté d'Ablis) ;
- la BIOMASSE (climatiquement neutre si on replante). Électricité obtenue grâce à :
- la chaleur dégagée par la combustion de certaines matières (le bois, les déchets des industries de transformation du bois et les déchets végétaux agricoles (paille, canne à sucre, arachide, noix de coco...) ;
- la méthanisation : les déchets (ménagers, le fumier et lisier d'animaux, les boues de stations d'épuration, les papiers et cartons…) sont d'abord transformés en un biogaz, par fermentation grâce à des micro-organismes (bactéries) dans des centrales biomasse. Le biogaz est ensuite brûlé, il est proche du gaz naturel et majoritairement composé de méthane.

3 - Vecteur d'ÉNERGIE LOCALE

- l'HYDROGÈNE vert à partir d'énergies renouvelables (obtenu par électrolyse de l'eau) est stockable et contribue à pallier à la variabilité temporelle des énergies renouvelables. Il a cependant un grand désavantage : sa production se fait avec un rendement énergétique exécrable, « de l’ordre de 25 % ». L'hydrogène peut être extrait à partir d'une large palette de substances, y compris le pétrole, le gaz, les biocarburants, les boues d'épuration et l'eau - et notre planète contient beaucoup d'eau. Nous n'allons donc jamais manquer d'hydrogène, ce qui nous assure une sécurité énergétique. Contrairement à l’électricité devant être stocké dans des batterie, l’hydrogène est léger et transportable dans des réservoirs. L'hydrogène est directement utilisable en énergie (il pourrait être transformé à la demande en électricité). Ceci nécessite de développer un réseau d’électrolyseurs (cuves à eau pour l'électrolyse) implantés sur le territoire et que ces derniers soient alimentés en électricité renouvelable ou a minima bas carbone. Le but est de permettre un développement des transports à hydrogène et à terme de remplacer en partie la voiture électrique (voir article  plus bas).

 Le photovoltaïque pour les particuliers

Il s'agira de monter une opération d’autoconsommation collective « étendue » (échanges avec ses voisins), une boucle locale d’énergie à l’échelle d’une ville ou d'un village ou une autoconsommation individuelle. Sa mise en place s’appuie sur une économie de proximité et vise à établir une relation directe du producteur au consommateur. Une véritable communauté d’énergie renouvelable propose aux habitants de devenir producteurs et / ou consom’acteurs d’électricité !

L’autoconsommation dite « COLLECTIVE »

Elle permet à un producteur d’énergie de proposer tout ou partie de sa production à des consommateurs voisins. En collaboration avec ENEDIS, l’électricité est transmise via le réseau électrique public et via les compteurs communicants des participants de l’opération. C’est le « circuit court» de l’énergie. Depuis l’arrêté du 21 novembre 2019, il est désormais possible de proposer de l’électricité dans un périmètre étendu jusqu’à 2 km (peut être étendu à 20 km par dérogation).

A l’instar du circuit-court alimentaire, l’initiative permet d’approvisionner des consommateurs comme une « AMAP de l’énergie  » grâce à la production locale d’énergie renouvelable telle le solaire photovoltaïque. Les consom’acteurs disposent ainsi d’une électricité locale, verte et à un prix maîtrisé dans la durée selon une traçabilité réelle.

Pour les consom’acteurs, c’est une véritable opportunité de participer à la transition énergétique tout en contribuant à une activité économique locale. De plus, l’énergie est proposée à un prix fixé et maitrisé dans la durée.

La relation directe du producteur au consommateur contribue à une compréhension des enjeux énergétiques, des actions possibles pour une adaptation au changement.

En autoconsommation collective on va payer plein pot les taxes (celle du transport est élevée) dont la TVA, alors que l’autoconsommation individuelle en est exonérée.  C’est un frein fiscal et tarifaire dissuasif . La directive européenne sur l’énergie a créé un cadre favorable exonérant l’autoconsommation de taxes pour un “usage propre” ». Mais la France ne l’a permis que pour l’autoconsommation individuelle.

Mais comment finance-t-on une telle opération ? Au départ,  une aide de la région et des fonds européens, à hauteur de 50 %. Le reste vient des habitants ayant souscrit au capital. L’autoconsommation collective, plutôt que la vente totale de la production à EDF, est apparue comme une évidence pour rapprocher les producteurs des consommateurs.

L’aventure peut aussi mobiliser la Banque des territoires, des investisseurs privés et même des entreprises.

L’autoconsommation dite « INDIVIDUELE »

Elle permet de réaliser le projet plus rapidement avec la possibilité de revendre à EDF ce qui n'est pas consommé. Mais ce n'est plus la même philosophie participative et économique que précédemment.

A noter : pour une installation standard de 3 kWc, on ne devrait pas dépasser 8 000 €. Le retour sur investissement pour notre région se fait entre 16 et 18 ans. Donc attention aux arnaques qui seraient en-dehors de ces chiffres.

Cette énergie permet de fabriquer de l'électricité grâce à la chaleur dégagée par la combustion de ces matières (bois, végétaux, déchets agricoles, ordures ménagères organiques) ou du biogaz issu de la fermentation de ces matières, dans des centrales biomasse.

La biomasse par combustion

Les déchets sont directement brûlés en produisant de la chaleur, de l’électricité ou les deux (cogénération). Cela concerne le bois, les déchets des industries de transformation du bois et les déchets végétaux agricoles (paille, canne à sucre, arachide, noix de coco...).

L'usine d'incinération des déchets urbains Dalkia Wastenergy (filiale de Dalkia, elle-même filiale d'EDF) d'Ivry-sur Seine (Val-de-Marne) traite les déchets ménagers de plus de 5 millions d'habitants (soit plus de 690 000 t par an). En France, 10 % de la production d'électricité d'origine biomasse provient de la combustion du biogaz.

La biomasse par méthanisation

Les déchets sont d'abord transformés en un biogaz, par fermentation grâce à des micro-organismes (bactéries). Le biogaz est ensuite brûlé. Ce biogaz est proche du gaz naturel et majoritairement composé de méthane. Cela concerne les déchets ménagers, le fumier et lisier d'animaux, les boues de stations d'épuration, les papiers et cartons…

L'énergie biomasse n'émet presque pas de polluants et n'a pas d'impact sur l'effet de serre. La quantité de CO2, un gaz à effet de serre, qu'elle rejette, correspond à la quantité absorbée par les végétaux pendant leur croissance.

De plus, la valorisation du biogaz en électricité évite l'émission de méthane, un autre gaz à effet de serre, dans l'atmosphère. Il représente un potentiel énergétique très important, en provenance principalement des décharges, mais aussi des boues d'épuration et des déchets urbains et agricoles.

Aujourd'hui seulement 1/4 de ce potentiel est réellement utilisé pour la production d'électricité et/ou de chaleur. La production annuelle d’électricité en France (520 TWh) à partir de biomasse correspondrait donc à l’exploitation à cette seule fin mais occuperait beaucoup trop de surface.
Par contre, le potentiel du bois est probablement réel pour les chaudières à haut rendement pour le chauffage direct des habitations. Sachant que la dépense de chauffage du logement est de 0,75 tep par Français en gros, et que le rendement d’une installation de chauffage au bois est de 60%, chauffer la France au bois demanderait l’affectation d’une surface de l’ordre de 120.000 km² (20% à 25% de l’Hexagone). Cela revient en ordre de grandeur à ne plus avoir de bois d’oeuvre, ou à se passer de viande rouge (chaque usage mobilise en gros 20% du territoire métropolitain). C’est ambitieux, mais reste réaliste si nous le souhaitons vraiment.

Les acteurs locaux

Les acteurs publics
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POUR LES PARTICULIERS, avec le Parc national régional de Chevreuse, testez le potentiel solaire de votre bâtiment et soyez accompagné dans votre projet.
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POUR LES COLLECTIVITÉS et les ENTREPRISES : installation d'une centrale photovoltaïque citoyenne avec l'aide de l'association soutenue par le PNR. L'installation achetée et posée sera louée à la collectivité ou à l'entreprise.
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Sa vocation nationale est d’accompagner une réappropriation de l’énergie par les citoyens, non seulement financièrement par leur implication au capital de ces projets de territoires, mais aussi par une participation active aux réflexions de fond qui composent une transition énergétique durable et partagée.

Les acteurs privés éthiques
Pragma City 

Accompagnement en innovations numériques et énergétiques pour les villes et territoires.

Nos Toits Solaires/par Pragmasolar

composante de Pragma City, basée à Montigny-le-Bretonneux, cette jeune entreprise permet de préparer un projet de regroupement d'installations solaires photovoltaïques individuelles conçu pour votre quartier (installateur local certifié, démarches administratives et achats groupés...). Leur approche est de travailler au niveau du quartier, entre voisins (entreprises ou particuliers) afin de bénéficier d’un effet de regroupement tant sur le conseil et l’accompagnement que sur les prix, le suivi et la qualité des équipements et des prestations.

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