Les mobilités

Les mobilités douces, ou modes de transports doux, peuvent désigner soit les déplacements non carbonés, soit les déplacements très faiblement carbonés, et dans tous les cas ceux qui émettent moins de gaz à effet de serre (GES) que l'usage de véhicules motorisés individuels.

LE VÉLO : une solution d'avenir incontournable

Entre 2,5 km à 6 km, le vélo reste le véhicule le plus rapide. Il est suivi par la voiture, la marche à pied, le bus et enfin le métro. Pour parcourir plus de 6 km, la voiture reste le moyen de déplacement le plus rapide. Puis, vient le vélo, le bus et enfin la marche à pied.

Alors que son usage doit s’imposer comme un enjeu de santé publique, le vélo a plus que jamais besoin d’être reconnu et soutenu par les pouvoirs publics.
Pour encourager cet usage, la mise en place de parkings sécurisés et de pistes cyclables temporaires dans les villes et le forfait mobilité en entreprise devrait être obligatoire.

  Étude sur un plan vélo

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PIETONISATION

La marche est un mode de transport négligé. Elle est rarement prise en compte dans les statistiques publiques sur la mobilité et est souvent oubliée dans la politique et l’aménagement.

Les pratiques négligeant les besoins des piétons au bénéfice de la voiture doivent inversées.

Les responsables politiques réduiront les coûts d’infrastructure et amélioreront l’accessibilité en intégrant des décisions favorables à la marche dès la construction d’un nouveau projet, plutôt que de corriger ultérieurement des problèmes de base par un réaménagement coûteux. En effet, ce qui est construit en dix ans peut nécessiter cent ans pour être remplacé. 

Dans les pays de l’OCDE, le groupe des personnes âgées de plus de 65 ans représente entre 13 % et 20 % de la population, mais constitue plus de 50 % des piétons tués. Sources IRTAD 2011

L’abaissement des vitesses de circulation des véhicules motorisés réduit la fréquence et la gravité des accidents, notamment ceux impliquant des piétons. Il contribue également à la fluidification de la circulation et participe à différents égards au confort et à la durabilité des villes. 

Une vitesse de 30 km/h peut réduire de plus de 80 % le risque de blessure mortelle pour un piéton, par rapport à une vitesse de 50 km/h. Les vitesses supérieures à 30 km/h sont trop dangereuses dans les zones de trafic mixte, et une vitesse supérieure à 50 km/h ne doit pas être autorisée en agglomération sur une voie également destinée à la circulation des piétons. 

Les villes sont de plus en plus dépendantes des transports motorisés, à mesure qu’elles se développent sous une forme contribuant à l’étalement urbain. Les caractéristiques des politiques d’aménagement et de conception doivent réduire l’utilisation des véhicules motorisés et promouvoir d’autres modes de transport. 

  1. donner une plus forte priorité et de plus grands espaces à la circulation non motorisée et aux transports en commun dans les centres- villes. Cette mesure comprend plusieurs actions clés : assurer aux piétons un accès facile, bien entretenu et sûr aux transports en commun et à toutes les destinations en centre- ville ; aménager des zones piétonnes ; élaborer des politiques de stationnement décourageant l’utilisation excessive de la voiture en centre-ville; adopter des réglementations pour empêcher le stationnement sur les chaussées et aux intersections, qui réduit le confort des piétons et, dans certains cas extrêmes, rend la marche impossible ou dangereuse.
  2. Les plans doivent prendre en compte l’impact des projets sur les piétons et les cyclistes, dans le cadre de l’évaluation des projets et les études d’impact environnemental.
  3. La participation de la population, par l’intermédiaire notamment d’associations de piétons, doit être sollicitée dans l’élaboration des plans de transport urbain.
  4. Mettre en œuvre des politiques de modération de la vitesse et généraliser les zones 30 dans les centres-villes, les quartiers résidentiels et autres zones d’activité piétonnière élevée.

Piétonnisation des centres-villes, un phénomène mondial

Le phénomène de piétonnisation des centres-villes n’est pas uniquement français. En effet, de grandes villes à travers le monde ont déjà banni les voitures de leur centre-ville. Et cela devrait s’accentuer dans les années à venir, quelle que soit la taille de la ville. Car de plus en plus de villes mettent en place des actions visant à limiter la circulation automobile dans les centres-villes.

La mobilité urbaine est aujourd’hui au cœur des préoccupations de tous les pays et toutes les municipalités. Les résolutions internationales et locales en faveur d’un centre-ville sans voiture vont sans aucun doute revoir les habitudes de déplacements de nombreux citoyens.

Quels sont les enjeux de la piétonnisation ?

Aujourd’hui, la piétonnisation des centres-villes est au cœur de nombreux débats. En effet, les mesures d’interdictions des voitures dans les villes ne sont pas très populaires. Or, les partisans des villes sans voiture mettent en avant de nombreux arguments qu’il n’est pas possible d’ignorer. Des arguments écologiques, économiques mais aussi de santé publique.

Un enjeu environnemental

L’environnement est l’un des sujets qui préoccupe le plus les citoyens et les élus. L’accord de Paris sur le climat est dans tous les esprits. Et tout le monde a en tête l’objectif qui vise à limiter l’augmentation des températures à 1,5 °C d’ici 2100. Pour y arriver, il semble indispensable que des mesures soient prises afin de limiter l’émission de CO2.

Les zones piétonnes présentent des avantages pour la lutte contre le réchauffement climatique. Actuellement, le transport routier est responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre. L’un des premiers objectifs des villes vertes est donc de rendre les centres-villes piétons afin de diminuer la pollution automobile. Cela est plutôt efficace car en moyenne, lorsqu’une zone devient piétonne, le niveau d’oxyde d’azote diminue de 25 %. C’est donc un fait, les villes sans voiture permettent d’améliorer significativement la qualité de l’air. Cela est un bénéfice pour l’environnement mais aussi pour les citadins et leur bien-être.

Un enjeu de santé publique

Les centres-villes piétons ont pour objectif d’améliorer la qualité de vie des habitants. Cela les incite à marcher et à opter pour des modes de déplacements plus sportifs. La piétonnisation des centres-villes est alors un enjeu de santé publique.

En France, 15 % de la population est atteinte d’obésité et seulement 24 % des adultes ont un niveau d’activité physique suffisant. Favoriser la marche à pied ou la pratique d’activité sportive est l’une des préoccupations des politiques afin de maintenir une population en bonne santé. Aujourd’hui, 80 % des Français âgés de 18 à 64 ans marchent moins de trente minutes par jour. Au fil du temps, la marche a été remplacée par des modes de transport motorisés : voitures, motos, scooters et transports en commun. Or, la pratique régulière d’une activité physique réduit la morbidité, améliore la qualité de vie et augmente l’espérance de vie.

Un enjeu économique

Les zones piétonnes présentent également un enjeu économique important pour les villes et les commerçants. En effet, la création d’aires piétonnes permet de mettre en valeur les petits commerçants et redynamise le commerce au centre-ville.

Les piétons consomment plus que les passagers d’une voiture. En prenant le temps de déambuler dans les rues, les piétons sont plus susceptibles de céder à un achat plaisir. Ils prennent également davantage de temps et peuvent s’octroyer facilement une pause autour d’un café ou d’une pâtisserie. Les grandes surfaces ont d’ailleurs bien identifié cette tendance. Elles sont de plus en plus nombreuses à ouvrir des drives dédiés aux piétons dans les centres-villes.

Néanmoins, pour que les commerçants puissent profiter pleinement des bénéfices de la piétonnisation de leur quartier, il est important de prévoir quelques aménagements. En effet, il est impératif que la zone piétonne soit facilement accessible par tout type de public grâce à une bonne desserte en transport public et à la création de nombreux parkings aux alentours.

Conclusion

La ville se transforme et la ville de demain sera résolument différente de celle d’aujourd’hui. Pour des raisons écologiques, les automobiles disparaissent progressivement des centres-villes. Les habitants retrouvent le plaisir de se promener dans des villes sans voiture et dynamisent l’économie locale en redécouvrant leur quartier.

La piétonnisation des centres-villes est en marche. Les municipalités multiplient les actions pour encourager les habitants à laisser leur voiture au garage. Mais pour que ces actions soient efficaces, il est indispensable d’anticiper certains aménagements. En effet, les habitants des villes ont besoin de se déplacer. Il est donc indispensable de leur proposer des solutions. Car la ville sans voiture est possible uniquement si des alternatives de déplacement sont proposées : aménagement de parking, transport en commun, pistes cyclables, etc.